Le Lac Kootenay

 

 

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Nelson – Vancouver

Vendredi 15 juillet, 8h50.
Je monte dans le bus qui relie Nelson à Vancouver.
Le trajet dure environ douze heures.
Arrivée prévue à 21h30.

Inventaire :
Une biche à l’orée d’une fôret.
Le panneau « Wild Life Corridor – Drive Slow ».
Le vert profond des forêts, des lacs.
La banderole « Enfants disparus » affichée dans le hall d’une station de bus où nous faisons une halte.
Les motels à l’américaine.
Les restaurants : « 50’s Dinner ».
Les panneaux « Ice Cream ».
À la pause déjeuner, la serveuse du restaurant ne décolle pas les pieds du sol et court en marchant, si bien qu’on dirait qu’elle patine à petits pas.
La brume qui envahit Coquihalla.
À Kelowna, l’heure et demie d’attente de voyageurs en transfert.
Arrivée à 23h au beau milieu de Vancouver.

Et dans toutes ces petites choses…
Près de Conkle Lake.
Parc Provincial.
Du bord de la route jusqu’aux sommets.
Des arbres noirs, nus, morts, par milliers. Les troncs, comme une armée réduite au silence, se tiennent droits. Sinistre traversée. Paysage dramatique.
Le cœur change de rythme.
Sort de lui-même.
Suit les rivières qui coulent parmi les arbres de cendre.
Cherche l’explication. L’espoir. Le vert.
Des conversations balbutient.
Selon le chauffeur, il y aurait eu un feu l’an dernier.
Un tapis d’herbes et de fleurs sauvages reprend sa place au pied des fantômes sacrés.

Les fruits de l’exploration

Je suis arrivée à Nelson avec, dans le corps, la mémoire d’un immense décalage horaire.
Il a fallu cinq jours à mon sommeil pour cesser de se morceler entre la nuit et de longues siestes précoces (approximativement 16h-20h).
Heureusement, je suis arrivée le week-end et mon emploi du temps ici est à temps partiel.

Si je parle d’emploi du temps, c’est que mon voyage au Canada se fait sur le principe du wwoofing. En échange d’un certain nombre d’heures de travail, je suis logée et (entièrement ou partiellement ou pas du tout) nourrie.

À Nelson, je loge dans un Boler devant la maison de Fiona, qui est une artiste céramiste.
Je travaille environ quatre heures le matin, sur quatre jours par semaine. Le reste du temps, je suis libre d’explorer les environs, de flâner dans Nelson ou d’utiliser l’atelier et l’argile pour mon loisir.

Fiona est une femme pleine d’énergie et de créativité.
Depuis Janvier, elle prend en charge avec un seul ouvrier la rénovation de son atelier. Lorsque j’arrive, il Continuer la lecture de Les fruits de l’exploration