À la mode, à la mode…

S’adapter aux situations,
C’est aussi adopter les tenues appropriées.
Accoutrements improbables, personnages et modes variées.
Diana m’habille.
Je porte les costumes.

Paysagiste de l’extrême pour tailler les immenses buissons de ronces :
Combinaison taille XL orange vif avec bandes de sécurité jaune fluo et argentées, dont l’entrejambe m’arrive aux genoux et dont le poids s’estime en kilo, accessoirisée de gants taille XL eux aussi et d’une grande cisaille.

Épouvantail ou belle des champs, cela dépend des points de vue, pour aller jardiner sous l’écrasant soleil du Learning Center :
Diana assortit mon pantalon de jardinage marron et ma chemise légère fleurie d’un chapeau de paille. Mais pas n’importe lequel : bien large pour me faire de l’ombre, haut et troué pour m’aérer.

Bûcheronne, je suis allée couper le bois à la hache motorisée avec :
La magnifique paire de lunettes de protection toute en indiscrétion et transparence ainsi que son casque anti-bruit rouge.

L’été s’adoucissant parfois,
Et étant sur le point
D’aller dans un magasin de seconde main,
Je repars enfin
Avec la veste bleue sans manches de Diana
Que j’aime porter
Dans les fraîches matinées.

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L’autre, dans le miroir

L’après-midi, les poules sont libres de gambader dans le grand jardin autour de la maison.
Je les observe sous les cèdres.
Elles ne font décidément que manger.
Principale préoccupation d’une poule.
Près des arbres, quelques vieux matériaux de construction sont regroupés.
Des fenêtres sont entreposées à la verticale.
Une poule rousse picore et s’approche.
Elle rencontre son reflet.
Sa tête se dresse.
S’immobilise.
Concernée.
Seconde de concentration.
Intense.
Un éclair de génie traverse :
C’est elle-même, l’autre dans le miroir !
Apeurée, elle s’enfuit en courant…

Un essaim de souvenirs

Le dimanche 7 août, je quitte Therah Village et le nord de Galiano pour rejoindre le sud.

Diana et Richard, qui m’accueillent à leur tour, vivent dans cette partie de l’île où les quelques commerces, croisés lors de mon arrivée deux semaines auparavant, sont à environ vingt bonnes minutes de marche et où l’on entend les sirènes des ferries qui vont et qui viennent.
Pour autant, leur propriété est elle aussi un joli havre de paix où la nature prédomine.

Néo-zélandaise, Diana est arrivée au Canada par un long trajet en bateau au tout début des années 70. Son diplôme d’infirmière en poche, elle a alors 22 ans et Continuer la lecture de Un essaim de souvenirs