Le temps de l’envol des outardes (Partie 2)

Ce dernier après-midi à Sainte-Anne-du-Lac, je suis Maryanne dans la serre où je récolte les tomates cerises qui n’en finissent pas de rougir.
Maryanne sort vider les plantes aquatiques de la marre aux grenouilles, dévoilant leurs merveilleuses racines indigo.
Après éviction des bulbes flottants et de quelques seaux d’eau, une famille grenouille apparaît en effet. Petites, moyennes, grandes.
Le ciel s’assombrit.
J’aide Réal à désinstaller une clôture.
Je rassemble et remonte les piquets en acier. Ils pèsent un bon poids.
J’emporte jusqu’à la cabane, comme un marchand de tapis, le grillage enroulé.
Réal plaisante sur ma musculature en passe de devenir méconnaissable.
Maryanne remplit des brouettes d’herbes, fleurs, haricots, tomates, œillets d’Inde, bourraches…
Les terres se dénudent.
Toujours et encore, de plus en plus.
Comme les outardes, le sol se prépare à l’hiver. L’hibernation à défaut de la migration.
La fin du cycle de production est tout à fait Continuer la lecture de Le temps de l’envol des outardes (Partie 2)

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Le temps de l’envol des outardes (Partie 1)

La fermeture des jardins s’accélère.
Grand nettoyage d’automne.

J’arrache les derniers calendulas pendant que Maryanne coupe les roses trémières.
Le tout, empilé pour compostage, est recouvert de fumier.
Maryanne me fait goûter les feuilles de plantes médicinales : livèche (en fines herbes pour favoriser la digestion par exemple), cataire (en infusion pour dormir, entre autres), anis-hysope (saveur similaire à la réglisse, apaise la fièvre)…

Cela ne nous empêche pas de prendre le temps de quelques escapades.

Un samedi, inauguration d’un nouveau sentier sur la montagne du Diable.
Nous laissons la voiture au parking de la ville de Ferme-Neuve et montons dans un gros bus scolaire tout jaune qui Continuer la lecture de Le temps de l’envol des outardes (Partie 1)

Pommiers, grelinette, pommes de terre, etc. (Partie 2)

Planter des arbres.
Un après-midi bien ensoleillé, nous déplaçons deux pommiers pour les rapprocher de la maison et plantons deux cèdres à leurs anciens emplacements.

Chacun muni d’une pelle,
Nous creusons un trou dans le sol puis autour du jeune pommier.
De petits rocs nous stoppent, font crisser les pelles.
On se croirait chez le dentiste en pleine opération d’extraction dentaire.
Délicatement, les racines du pommier sont dégagées. Le voilà parti pour un court tour en brouette. De derrière le jardin potager, il atterri à quelques mètres de la maison, au soleil.
Tenir ce petit tronc droit et lui donner terre et compost.
Planter.
Tasser.
Un petit tapis rond en fibres de noix de coco vient le border comme sous une Continuer la lecture de Pommiers, grelinette, pommes de terre, etc. (Partie 2)

Révélations colorées

Jardin de l’Hôtel de ville.
Mardi est un jour de livraison. Le jardin s’active pour les récoltes.
Je travaille avec trois autres bénévoles.
Sortir de terre, couper les fanes, les tiges ou les racines, nettoyer.
Dévêtues de leur couche de terre, les couleurs des légumes se révèlent.
Rose, orange, violet…

Pommiers, grelinette, pommes de terre, etc. (Partie 1)

Pendant mes deux semaines auprès de Maryanne et Réal, tous deux profondément sensibles à la fois au social et à l’environnemental, mes mains travaillent dans la terre de différents jardins.

Du vendredi au lundi, nous sommes chez mes hôtes.
Certaines récoltes de légumes dans leur potager sont suffisamment abondantes pour leur permettre de donner leur surplus à la Manne du jour.

Du mardi au jeudi, nous allons en ville à Mont-Laurier, à 45 minutes de route.
Maryanne travaille à la boutique L’Essentielle et pendant ce temps, j’accompagne Réal dans les différents potagers urbains.
Le jardin « Commune Eau Terre », partagé par une petite communauté. Maryanne et Réal y entretiennent pour eux une petite parcelle supplémentaire.
Et les jardins de l’association Cultiver pour nourrir : celui de l’Hôtel de ville (anciennement tenu par des bonnes sœurs et où la culture se fait dans le sol) et celui de Floraberge (où la culture est organisée en bacs et sous serre).
‘Cultiver pour nourrir’ est une association Continuer la lecture de Pommiers, grelinette, pommes de terre, etc. (Partie 1)

La Lièvre (Variations)

Entre Sainte-Anne-du-Lac et Mont-Laurier, le long de la rivière du Lièvre,
Être incessamment éblouie
Par la beauté des paysages et de la rivière
Qui changent en fonction du temps, de la lumière.

1.
Un ciel magnifique.
Les nuages prennent des couleurs pourpres et la lumière se mire dans la rivière qui serpente le long de la route. Les paysages sont somptueux.

2.
Le matin.
Un brouillard emplit l’espace.
Teintes jaune d’oeuf, gris, bleu pâle. La lumière en diffusion tendre.
De petits moutons de vapeur pâturent sur l’eau calme de la rivière du Lièvre en s’élevant vers le ciel. L’automne prend sa place, se pose sur les champs. Un arbre rougit, là-bas, dans cette assemblée de feuillus verts.
Le soir.
Lune presque pleine.
Elle éclaire les moutons de vapeur, de retour sur le lit nocturne de l’eau, comme dans un silencieux mystère. Lieu de villégiature pour fantômes aux tailles et formes variées. Ils prêtent à la rivière leur air fascinant et poétique.
Peut-être, qui sait, c’est la rivière elle-même qui, à la nuit tombée, tisse ses nuages.
Le reflet des fenêtres de maisonnettes çà et là, au bord de l’eau, en parfait miroir.
Petits carreaux dorés, étirés sur un sombre bleu d’encre.
Une marée de brume en vagues disparates, dans laquelle se perdent les rayons de lune, quitte le lit puis se redéploie sur les champs.

3.
Prendre la route de l’autre côté de la rivière sous un ciel pommelé.
Le soleil teinte l’ensemble de beauté supplémentaire.
Les champs de vif vert clair.
Les petits nuages de gris et de mauve.
Les arbres de doré.
Je ne me lasse toujours pas.
Les vaches rousses, les noires, les noires à ventre et dos blancs.

4.
Les lumières du crépuscule sont sublimes, comme d’habitude.
Nuages fantasmagoriques empourprés d’un tendre rose poétique.
Le miroir de la rivière du Lièvre, toujours intact de précision et de beauté dans sa réflexion.
Le soleil se couche sur les montagnes.
La campagne plonge dans la nuit.
Belle campagne et belles prairies.

5.
Avec le givre, les prairies étendues prennent la couleur menthe à l’eau.
Les forêts à l’horizon en dénivelé se colorent de brun et rouge très progressivement.
Le ciel couvert, où perce le soleil, donne à la rivière une couleur sombre argentée.
Une odeur bovine acre lorsqu’on passe devant la ferme des propriétaires suisses.

6.
Le soleil couchant inonde les prairies d’orangé.
Une harmonie nouvelle apparaît : toitures rouille de fermes éparses, robe rousse des vaches dans les prés, feuillages de feu qui s’imposent plus clairement dans le vert foncé des forêts.