Peaux d’écorce

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Être ensemble (Partie 1)

Le mardi 13 septembre,
Après quelques heures de route,
Le car au départ de Montréal s’arrête à une station service de Mont-Tremblant. Tout le monde descend. Nous ne sommes plus que trois à poursuivre. Trois à embarquer dans un mini bus orange.
Il me reste une dernière heure de trajet.
Et le bus me dépose enfin sur un petit parking dans la ville de Mont-Laurier.
J’arrive dans les Hautes-Laurentides.

Uté vient me chercher.
C’est une amie et collègue de mes hôtes, Maryanne et Réal.

Maryanne travaille depuis 25 ans dans la coopérative L’Essentielle, boutique de produits naturels et biologiques. Elle est passionnée par le jardinage et est une cuisinière virtuose.
Réal, de son côté, a été créateur bijoutier et a tenu pendant de très nombreuses années une boutique d’objets d’import export appelée « Beauté d’ici et d’ailleurs ». Au hasard de nos discussions, j’apprends qu’il a monté, à une époque, un projet de co-voiturage dans la région et qu’il a aussi été chroniqueur pour un journal et pour la radio locale. En 1989, il a co-fondé Continuer la lecture de Être ensemble (Partie 1)

Royaume

North End.
Dionisio Point Provincial Park.
Des sentiers que j’ai passé des heures et des heures à explorer, au bout desquels apparaissent de magnifiques baies aux roches sculptées.
L’histoire d’une forêt dont j’entends les échos.
Ces arbres, je les ai regardés avec beaucoup d’amour.
Des rescapés.

Début des années 90.
Une entreprise de bois de charpente, qui possède 140 hectares de la pointe Nord de l’île, planifie de couper à blanc la forêt.
Arbres & végétation parmi lesquels :
De magnifiques centenaires. Cèdres rouges, sapins de Douglas, sapins géants, tsugas de l’Ouest, arbousiers d’Amérique, aulnes rouges, chênes de Garry, érables d’Oregon…
Quelques jeunes candidats, replantés dans les années 70 par l’entreprise après première déforestation d’un petit secteur et destinés à être de nouveau coupés.
Et les autres : fougères, gaultheria shallon, mousses diverses et variées…
Les préoccupations environnementales sont en alerte.
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Nelson – Vancouver

Vendredi 15 juillet, 8h50.
Je monte dans le bus qui relie Nelson à Vancouver.
Le trajet dure environ douze heures.
Arrivée prévue à 21h30.

Inventaire :
Une biche à l’orée d’une fôret.
Le panneau « Wild Life Corridor – Drive Slow ».
Le vert profond des forêts, des lacs.
La banderole « Enfants disparus » affichée dans le hall d’une station de bus où nous faisons une halte.
Les motels à l’américaine.
Les restaurants : « 50’s Dinner ».
Les panneaux « Ice Cream ».
À la pause déjeuner, la serveuse du restaurant ne décolle pas les pieds du sol et court en marchant, si bien qu’on dirait qu’elle patine à petits pas.
La brume qui envahit Coquihalla.
À Kelowna, l’heure et demie d’attente de voyageurs en transfert.
Arrivée à 23h au beau milieu de Vancouver.

Et dans toutes ces petites choses…
Près de Conkle Lake.
Parc Provincial.
Du bord de la route jusqu’aux sommets.
Des arbres noirs, nus, morts, par milliers. Les troncs, comme une armée réduite au silence, se tiennent droits. Sinistre traversée. Paysage dramatique.
Le cœur change de rythme.
Sort de lui-même.
Suit les rivières qui coulent parmi les arbres de cendre.
Cherche l’explication. L’espoir. Le vert.
Des conversations balbutient.
Selon le chauffeur, il y aurait eu un feu l’an dernier.
Un tapis d’herbes et de fleurs sauvages reprend sa place au pied des fantômes sacrés.