Banyan Tree

Extrait de la conférence « SOIL, SOUL, SOCIETY » avec Satish Kumar.

« We have to leave our arrogance and embrace the mystery of the nature. »

L’une des plus petites graines que l’on puisse trouver en Inde est la graine du Banyan Tree qui est, quant à lui, l’un des plus beaux et grands arbres.
Une seule minuscule graine devient tout un arbre, qui va produire à son tour des centaines de fruits contenant eux-mêmes des milliers de graines.
Il y a là quelque chose de miraculeux.
Il nous faut quitter notre arrogance et embrasser le mystère de la nature.

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De Delhi à Dehra Dun

Cela fait maintenant 24h que j’ai atterri en Inde.
J’ai passé une très courte journée à New Delhi et j’ai adoré l’ambiance ! Ça grouille oui, mais ça vit. De partout. Et j’aime cette sensation.
J’ai fait tous mes déplacements en métro. Gain de temps d’une part. Et d’autonomie aussi.

Arrivée vers 9h30 après une très courte nuit dans l’avion, je me suis octroyée une bonne heure de sieste à l’hôtel (dans ma petite chambre avec fenêtre sur rien). Puis je suis allée visiter le Gandhi Smriti (où Gandhi a vécu ses derniers jours puis fut assassiné le 30 Janvier 1948). Silence, écureuils et babouins qui se chamaillent, aigle qui vole tranquillement en cercle, citations inspirantes et papillons… Une petite bulle de paix dans un quartier aux grandes avenues.
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La Terre est féminine

Claude Bourguignon dans « Solutions locales pour un désordre global » réalisé par Coline Serreau.

« La terre finalement elle est généreuse, parce qu’elle accepte de revivre malgré tout ce qu’on lui fait subir (…) les produits chimiques qu’on met dans la terre ça tue tout ça (…) y’en a même qui pensent que c’est des parasites, que ça amène des maladies, que tout ça c’est forcément dangereux, c’est suspect. La terre est féminine, ça c’est sûr qu’elle est féminine et c’est très compliqué d’accepter qu’elle soit aussi vivante et aussi fertile. »

Les Destinées inconnues

Extrait de « Partir » de Issa Makhlouf.

« On part pour s’éloigner du lieu qui nous a vu naître et voir l’autre versant du matin. On part à la recherche de nos naissances improbables. Pour compléter nos alphabets. Pour charger l’adieu de promesses. Pour aller aussi loin que l’horizon, déchirant nos destins, éparpillant leurs pages avant de tomber, quelquefois, sur notre propre histoire dans d’autres livres.
On part vers des destinées inconnues. Pour dire à ceux que nous avons croisés que nous reviendrons vers eux et que nous referons connaissance. On part pour apprendre la langue des arbres qui, eux, ne partent guère. Pour lustrer le tintement des cloches dans les vallées saintes. À la recherche de dieux plus miséricordieux. Pour retirer aux étrangers le masque de l’exil. Pour confier aux passants que nous sommes, nous aussi, des passants, et que notre séjour est éphémère dans la mémoire et dans l’oubli. Loin des mères qui allument les cierges et réduisent la couche du temps à chaque fois qu’elles lèvent les mains vers le ciel.
(…) On part dans la distraction de vies gaspillées d’avance. On part pour annoncer à ceux que nous aimons que nous aimons toujours, que notre émerveillement est plus fort que la distance et que les exils sont aussi doux et frais que les patries. On part pour que, de retour chez nous un jour, nous nous rendions compte que nous sommes des exilés de nature, partout où nous sommes.
On part pour abolir la nuance entre air et air, eau et eau, ciel et enfer. Riant du temps, nous contemplons désormais l’immensité. Devant nous, comme des enfants dissipés, les vagues sautillent pendant que la mer file entre deux bateaux. (…) »

L’impulsion de l’exploration

Six mois de voyage s’ouvrent devant moi, après presque trois mois de préparation. Avant le départ, je me retourne pour regarder et vous expliquer la genèse de cette merveilleuse impulsion de l’exploration…

Mes premières passions sont l’écriture et le jeu.
J’ai toujours aimé écrire, trouver les mots justes pour exprimer les émotions ou capter la poésie d’un petit détail, d’un souffle de vie. J’ai toujours aimé dire les mots des autres aussi. Porter leur universalité sur les planches ou à l’écran.
Les mots m’ont donné le goût du travail intellectuel. Ma matière grise en reine !

Si j’avais cependant peiné à trouver le chemin des livres autrement que par le théâtre, le change a été donné le jour où j’ai ressenti un profond besoin de comprendre et réfléchir à l’humain, notamment aux relations amoureuses et à la place de la femme dans notre société. Mon attrait pour la lecture a alors significativement augmenté grâce à la sociologie, la psychologie… Mon intérêt pour la forme cinématographique documentaire aussi.

S’ajoutant à cela, j’ai commencé à avoir des préoccupations écologiques de plus en plus tangibles…

Qui dit écologie dit nature, et il m’est souvent apparu que, citadine, je n’en profitais que lors de trop ponctuelles escapades. On sous-estime le pouvoir de l’émerveillement. Regarder les fleurs et les insectes en forêt, entendre le vent onduler sur les blés, cueillir des myrtilles avec des amis pour en faire une tarte… Là où il y a eu contact avec la nature, il y a toujours eu pour moi tellement de vie, de joie, de régénération.
Des moments qui m’étaient devenus trop rares.

J’avais aussi un peu perdu le chemin du travail manuel depuis les sculptures de pâtes à sel à l’école maternelle et les croquis de découpes de fleurs et autres organes en cours de SVT au lycée. J’ai compris à quel point ça m’avait manqué en mettant les mains dans la glaise lors d’un stage de tournage en céramique, programmé pour palier une absence de vacances d’été.

J’ai fini par réaliser que tout était lié quand j’ai saisi la notion selon laquelle « la terre est féminine » (merci Claude) et qu’être préoccupée de la place de la femme dans la société ou d’écologie, cela avait sensiblement la même racine, dans le fond. Quant à l’envie de pratiquer un travail davantage manuel, elle est contenue dans celle de se reconnecter à la nature et travailler avec elle…

C’est un rapide résumé, car il y a évidemment bien d’autres petites choses (comme ce texte glissé à mon oreille par des Souffleurs) qui se sont trouvées sur mon parcours, ont fait sens, fait naître l’envie de cette nouvelle expérience.

Mais l’essentiel est là, je me mets en route pour continuer à élargir mes connaissances.
Je pars voir un peu au-delà de mes frontières.
Mettre les mains dans la terre.
La redécouvrir, la sentir, la comprendre, apprendre.
Prendre soin.
Et partager de la joie.

Je pense qu’à ce jour, c’est ce que je ressens de plus urgent, juste et nécessaire.