Pouce

Faire du stop
Est le meilleur moyen de locomotion sur Salt Spring.
Un couple la soixantaine,
Robert, cheveux blancs et tee-shirt orange,
Et Cindy, cheveux aussi bleus que ses yeux,
Sont les premiers conducteurs de ma carrière d’auto-stoppeuse.

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Carton d’invitation

Voici ce qu’on peut lire sur la carte touristique de Salt Spring Island :

« Cette carte est votre invitation pour une île magique appelée Salt Spring où il neige rarement et où le soleil brille toujours (bien que parfois sous forme liquide).
Les choses poussent exceptionnellement bien sur Salt Spring – arbres et fleurs et idées et art. Spécialement l’art.
Cette île luxuriante est un creuset d’ingéniosité humaine. C’est un refuge pour peintres et écrivains, sculpteurs et joailliers, sans oublier potiers, poètes, menuisiers, fromagers, danseurs, chanteurs, et une légion de gens cosmiquement créatifs qui défient les étiquettes.
Et voici un bonus pour les visiteurs :
Vous avez payé pour venir ici, mais le ferry de retour en partance de l’île est gratuit. Ne soyez pas surpris si vous décidez de ne pas le prendre. »

Arthur Black, écrivain, diffuseur, Salt Springer.

Nelson – Vancouver

Vendredi 15 juillet, 8h50.
Je monte dans le bus qui relie Nelson à Vancouver.
Le trajet dure environ douze heures.
Arrivée prévue à 21h30.

Inventaire :
Une biche à l’orée d’une fôret.
Le panneau « Wild Life Corridor – Drive Slow ».
Le vert profond des forêts, des lacs.
La banderole « Enfants disparus » affichée dans le hall d’une station de bus où nous faisons une halte.
Les motels à l’américaine.
Les restaurants : « 50’s Dinner ».
Les panneaux « Ice Cream ».
À la pause déjeuner, la serveuse du restaurant ne décolle pas les pieds du sol et court en marchant, si bien qu’on dirait qu’elle patine à petits pas.
La brume qui envahit Coquihalla.
À Kelowna, l’heure et demie d’attente de voyageurs en transfert.
Arrivée à 23h au beau milieu de Vancouver.

Et dans toutes ces petites choses…
Près de Conkle Lake.
Parc Provincial.
Du bord de la route jusqu’aux sommets.
Des arbres noirs, nus, morts, par milliers. Les troncs, comme une armée réduite au silence, se tiennent droits. Sinistre traversée. Paysage dramatique.
Le cœur change de rythme.
Sort de lui-même.
Suit les rivières qui coulent parmi les arbres de cendre.
Cherche l’explication. L’espoir. Le vert.
Des conversations balbutient.
Selon le chauffeur, il y aurait eu un feu l’an dernier.
Un tapis d’herbes et de fleurs sauvages reprend sa place au pied des fantômes sacrés.