Vivre Montréal

Mardi 6 septembre,
Je monte dans le train pour Montréal.
Le commandant de bord fait les annonces en anglais et en québecois.
Après plus de cinq mois de voyage, je suis officiellement de retour dans un espace francophone.
Je sens mon cœur palpiter.
C’est un mélange.
Comme si j’approchais subtilement d’un but.
Petit à petit, j’avance vers la fin de ce voyage.
Les kilomètres s’amenuisent entre moi et mon propre pays.
Une sorte d’excitation immense m’anime.
J’ai hâte de découvrir Montréal et de retrouver Noémie.

Noémie (« Nono » ou « Noé » pour les intimes, « No Amy ?! » pour les indiens) a été l’une de mes voisines de dortoir pendant un mois et demi à Navdanya. Elle est pour ainsi dire la première personne que j’ai rencontrée en Inde.
Une longue conversation en forêt. Des échanges sur un livre qui parle des Continuer la lecture de Vivre Montréal

Vie Nocturne

Un soir, je demande à Tina s’ils ont construit eux-mêmes leur maison.
Elle me raconte qu’ils ont construit cette maison.
Mais pendant neuf ans, ils ont vécu dans l’ancienne et vieille bâtisse, dans laquelle ils tenaient par ailleurs le B&B.
Cette maison était hantée.
Récits frissonnants à l’appui.
Concentrée en pleine nuit sur le halo de lumière et l’idée seule de mon lit
Je traverse le jardin avec ma lampe torche pour aller rejoindre le bunky.
Seuls dans l’obscurité, mes rêves invitent des histoires de fantômes et d’esprits.
Sans compter
– Il m’a fallu plus d’une nuit pour tout identifier –
Qu’un pommier
Aux branches surplombantes
Lâche ses vieux fruits sans regarder l’heure
Et que des écureuils
Ayant emménagé sous la toiture
Attendent souvent trois heures du matin
Pour faire rouler des graines
Et gérer les stocks de nourriture.

Déjà vu

Vendredi 26 Août.
Il est tard.
Après ma première journée à Lion’s Head, Tina et moi rentrons d’un feu de camp organisé au Fitz Hôtel.
Nous roulons dans la nuit silencieuse.
Juste avant d’arriver à l’intersection qui mène à la grande route, deux petits ratons laveurs traversent par la droite, en nous jetant un regard, éclairés par les phares.

Lundi 5 Septembre.
Il est tard.
Après ma dernière journée à Lion’s Head, Tina, Graham, Griffon et moi rentrons après une soirée de départ pour Holi, sa copine et moi, organisée au Fitz Hôtel.
Nous roulons dans la nuit silencieuse.
Juste avant d’arriver à l’intersection qui mène à la grande route, le même petit couple de ratons laveurs traverse par la droite, en nous jetant un regard, éclairés par les phares.

Folie Douce

Je traverse le Canada en train.
De Vancouver à Toronto, des Rocheuses aux Grands Lacs en passant par les vastes plaines.
Sur mon passage, je ne vois que le caractère éphémère des paysages qui défilent dans le même temps que les fuseaux horaires.
La fatigue tranquillement s’installe, s’étale, s’étire.
Dans mon corps, la distance et le temps.
Mes muscles endoloris.
4466 kilomètres.

En arrivant à Toronto, il me faut encore cinq heures de bus pour rejoindre Owen Sound où Colin, un ami de mes hôtes, vient me chercher. Nous parcourons les quelques soixante cinq kilomètres jusqu’à Lion’s Head en compagnie de deux autostoppeurs hongrois.
Le soleil se couche sur la route dans un halo sans distraction.
Un brouillard s’est déposé sur les champs.
Je trouve cela poétique.
Colin trouve cela « totally freaky », ça lui donne la sensation Continuer la lecture de Folie Douce